Palmyre d’hier…

Journal de voyage Syrie, Août 2000 – si près… si loin…

syrie_palmyre_panorama

Palmyre

Du haut de la citadelle arabe perchée sur la colline surplombant les ruines antiques, j’observe le soleil prendre la tangente : les ombres s’étirent et se déforment, les colonnes se poudrent d’or, et juste derrière, l’écrin de verdure de la palmeraie s’assombrit. Tout autour, le désert nu, à perte de vue. Dans la lumière du soir il paraît moins inquiétant, pas tout à fait accueillant, non, mais abordable au moins, comme un vieil ennemi retiré dans son camp au soir de la bataille. Les colonnes de Palmyre, du prince Onédat, de l’empereur Hadrien, de la reine Zénobie surtout font le spectacle. Palmyre et sa colonnade, decumanus insolite qui se permet un angle, à mi-parcours, pile sur son tétrapyle, entorse impensable à l’ordonnancement romain fait de symétrie maladive. Et par ces quelques degrés vers le Nord, le peuple de Palmyre qui signe son caractère, son indépendance du maître romain !

PAlmyre citadelle arabe

De la ville nouvelle, sur la gauche en contrebas, le vent apporte les échos du muezzin, une bien étrange bande-son au spectacle de l’antiquité ! Mais après tout, cette étonnante cohabitation est bien à l’image de l’histoire de cette région, la grande Syrie de T.E. Lawrence, le Proche-Orient, sédimentation d’un nombre incalculable de cultures successives au grès des invasions pharaoniques, romaines, croisées, mongoles, perses, turques et françaises pour ne citer que les plus spectaculaires, comme si une force mystérieuse poussait les hommes à converger vers cette terre ingrate, comme si ces contrées minérales devaient rester pour toujours le barycentre de l’humanité. Pas étonnant après tant de déferlements que l’instabilité politique soit de règle.

Deir ez zor – le lendemain, un peu plus loin à l’Est…

Dans cette ville perdue à l’extrémité du pays, aux confins du désert, plus très loin de la frontière irakienne, je regarde longuement, du haut du pont suspendu français, couler l’Euphrate…

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2 commentaires sur “Palmyre d’hier…

    • Moi je pensais plutôt Agnès que les responsables de ces folies étaient les extrémistes religieux, les dictateurs corrompus, la malédiction du pétrole sur le proche-orient et les incurables guerres de religions Sunnites/chiites. Mais bon si tu penses que tout cela est d’abord de notre faute…

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