Marathon de Paris 2016 : Objectif Lune

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I/ Le réveil de la force
Un marathon de plus. Je n’étais sûr de rien. Surtout pas d’en avoir envie. Mais l’envie a-t-elle quelque chose à faire là-dedans ? On a envie de reprendre de la tarte, de regarder sous les jupes des filles, de faire une petite sieste après le gigot du dimanche. Mais personne n’a envie de courir un marathon ! Encore moins qui s’y est déjà frotté ! Les jours passaient, la liste des inscrits s’allongeaient, 30 000, 40 000… Un nouveau record d’affluence allait être battu à Paris cette année. Sans moi. Enfin peut-être. Enfin peut-être pas…

Pourquoi bascule t-on ? Parce que considérer la chose c’est déjà lui céder sans doute. Nos idées les plus folles sont les plus dangereuses. J’avais entrouvert la porte et voilà que s’engouffrait l’odeur du sang, celle d’un record qui tombe, ou qui pourrait tomber, le goût de la souffrance choisie, le souffle de liberté du vent sur mon visage, l’instinct de vie du pouls qui s’accélère, le besoin d’adrénaline. Je cédais finalement. Je cédais au besoin de faire, une petite chose certes, mais différente, et moi-même, et à grandes enjambées. Je cédais aussi à une forme de facilité. Car nos épreuves, nos contraintes sont, comment dire, dans une certaine mesure… oui… reposantes ! Elles relèguent le reste à la périphérie, elles prennent la place d’autre soucis, allègent les décisions du quotidien, nous facilitent la vie en somme!
Je m’inscrivais en toute discrétion, fin novembre, un peu avant que ne soit franchie la barre des 50 000 inscrits. Je n’en parlais à personne. Je savourais seul quelques semaines le nouveau joyeux drame que j’imposais à ma vie. Le 1er janvier, je lançais mon affaire à la face de mon monde d’un post ravageur histoire de condamner toute voie de retraite possible !
II/ L’Empire contre-attaque
Jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien… Les entraînements passaient ; chaque fois en fin de séance, délaçant mes runnings, je me récitais ce mantra et m’étonnais d’être encore dans la course. Pour mon troisième marathon en trois ans j’avais opté pour un petit voyage vers la lune : passer sous les trois heures! A quarante sept ans, avec un record personnel à des années lumières (3h13) et trois mois seulement devant moi c’était gonflé ! Cela signifiait me coltiner cinq entraînements par semaine, des séries de vitesse à 16,5km/h, des pointes à 80 kilomètres hebdomadaires, tout ça au cœur de l’hiver corrézien, seul avec moi-même comme compagnon d’entrainement. Les bookmakers me plaçaient à cent contre un. Difficile de leur donner tort. Pourtant, la montée en puissance s’avérait encourageante. Un premier cycle de trois semaines mené bon train, une semaine de relâche relative et j’entamais le second cycle. Je commençais à m’étonner, presque même à y croire. Les séries s’allongeaient, je tenais et je tenais encore des allures invraisemblables parfois même sans vomir. Je m’émerveillais des capacités d’adaptation de mon organisme. Je terminais mon second cycle en boulet de canon. Jamais je n’avais couru aussi vite. Je renforçais les étirements, je m’essayais à la cryothérapie histoire d’avoir tout tenté, y compris l’improbable. J’intercalais quelques virées de ski de fond pour ménager la carcasse et retrouver les potes. Pourquoi pas, murmurait ma petite voix d’indécrottable optimiste, pourquoi pas ? Encore cinq semaines à tenir. Les trois premières vraiment dures allaient faire la différence surtout. Ensuite ce ne serait plus qu’un affûtage tranquille. La lune se rapprochait. Allez!
Mais ce qui compte ce n’est pas la chute, c’est l’atterrissage n’est-ce pas ? 27 février. Première grosse sortie spéciale marathon, 32 kilomètres dont 4×30 minutes à 14km/h. Je passais l’obstacle, pas mon genou gauche : tendinite externe aiguë. Elle ne me lâchera plus ! Elle jouera avec mes nerfs, me laissant courir vite, m’interdisant de courir longtemps, s’éclipsant un peu, revenant plus forte, m’emmenant d’un toubib à un ostheopathe, d’un sac de glace à un tube de crème, de prières en jurons, d’espoirs en renoncements, d’entraînements rêvés en séances tronquées… Moi qui pensais n’avoir qu’un mental je découvrais que j’avais un corps… pas toujours conciliant.
Je lâchais donc l’affaire, un peu. Pas trop pourtant, serrant les dents, rusant, esquivant la douleur, lui racontant qu’elle n’était qu’une gêne et que j’en avais vu d’autre. Un peu de natation, un peu de vélo sur home trainer, un peu plus de temps sur la piste et son revêtement accueillant. Je faisais les heures, bon an mal an, je faisais les efforts parce que le train était lancé et que j’ignorais où se trouvait le frein. Ça ou autre chose, je me sentais fatigué, à l’entraînement, au boulot, las, tirant à moi seul les derniers jours de l’hiver. Les choses s’annonçaient mal…
J-7, dernière séance sérieuse, une heure seulement dont 40 minutes à 14kmh. Une formalité normalement… que je passe en se serrant les dents du premier au dernier kilomètre. La douleur est là qui prend toute la place. Ma lune est allée se planquer hors du système solaire ! J’annonce le soir même sur Facebook la fin des illusions. Les copains ne veulent rien entendre. Ils m’engueulent, m’encouragent, partagent leurs recettes de druide, leur foi du charbonnier et parviennent à leur fin : me faire croire au miracle. Je convoque la chimie et ses apôtres pour une tournée de la dernière chance : cachets, infiltration, onguents et philtres. Pas sûr que je passe le contrôle antidopage mais je passerai peut-être le mur du trentième.
III/ Le retour du Jedi
Dimanche 3 avril 2016, jour de course.
Puisqu’aujourd’hui encore je ne suis pas arrivé avant d’être parti, sans doute ai-je échoué…
Le chasseur de chrono est perdant par essence. Alors, la seule question qui vaille est de perdre avec style. Le perdant magnifique doit pouvoir sans rougir regarder son reflet dans la médaille de son revers. Je regarde la mienne ; sur un visage marqué que je reconnais à peine se dessine un sourire. Les pépins de la préparation, ce genou en carafe, les minutes laissées en route aujourd’hui, le renoncement coupable quand trop m’a semblé trop n’ont plus grande importance. Je l’ai fait.
Certains ventripotents calés dans leur fauteuil tentent de nous convaincre, nous autres coureurs, que nous fuyons le réel. Mes études nombreuses, partiales et passionnées, démontrent le contraire. Au-delà d’une allure, d’un certain don de soi, c’est la réalité justement que nous rattrapons, palpable, dense, la vraie, enfin, celle précisément à côté de laquelle nous passons dans les gestes banaux de notre quotidien! Aujourd’hui, comme quelques fois déjà, j’ai touché un de ces moments de grâce, ce passage dans la zone où la texture du temps se fait différente. Sur quelques kilomètres, pendant quelques dizaines de minutes, une autre réalité s’est matérialisée, qui vaut tous les efforts du monde. C’est ainsi que, loin de fuir la réalité, l’espace d’un marathon, j’en ai trouvée une autre, puissante, inspirante. Et pourtant, puisque le temps est ce qu’il est, puisque contre toute attente les secondes ont continué à s’écouler même quand ma foulée s’est accélérée, et pourtant j’ai perdu. Mais, comme Don Quichotte ferraillant ses moulins, comme Cyrano qui fut tout qui fut rien j’ai perdu avec style. J’ai arraché ma part de gloire inutile, je suis entrée dans l’atmosphère à pleine vitesse et m’y suis consumé dans une magnifique gerbe de flammes. Si la vie, de défaite en défaite, doit nous apprendre à mourir, autant le faire avec panache non ? Un marathon réussi n’est rien d’autre que ça : une défaite programmée croquée à pleines dents !
Depuis l’aire d’arrivé j’observe les concurrents qui arrivent nombreux, par grappes ou esseulés, souriants, marqués, indéchiffrables, c’est selon, se pensant seuls au monde, eux et leur chrono, alors qu’ils font partie d’une même vague de vie, du même écosystème, d’un organisme en marche qui a choisi d’avancer, d’y aller de ses propres foulées, plutôt que d’observer, paralysé, les chefs d’œuvre des autres. Ils sont affreux et beaux mes compagnons de bitume, comme on peut l’être quand on est passé mille fois sur son propre corps et encore et encore, que la démarche est raide, le geste mal assuré mais que l’oeil est brillant et puis le restera. Si le speaker voulait se taire on n’entendrait rien d’autre que les crissements entêtants des semelles sur le bitume car les paroles sont rares, précieuses. Chacun, enfermé en lui-même, ne parle et c’est heureux, que pour dire quelque chose. La vie intérieure pour une fois prend le pas sur le bruit extérieur et tous sentent quelque part qu’il y a là une vertu, un je ne sais quoi qui retranche mais ajoute. Une multitude silencieuse, plusieurs centaines, plusieurs milliers maintenant se pressent, comme une marche blanche, en l’honneur de la vie pour une fois, ou peut-être de l’envie, de vivre et d’avancer, quatre à quatre s’il vous plaît.
Je reconnais quelques visages. Ce petit chauve aux gestes inquiets dans le sas de départ, ce grand quadra qui pourrait être moi s’il ne m’avait pas lâché avec une stupéfiante aisance au trentième kilomètres alors que nous partagions solidaires le même coin de bitume depuis au moins une heure. Je revois cette jeune femme qui peut-être est jolie quand elle n’est pas défaite par un voyage au bout d’elle-même. Et puis lui et l’autre encore, les bavards de Dausmesnil qui ne voulaient pas se taire et que j’ai été content de décramponner place de la Bastille. Ils sont venus ils sont tous là, ceux qui ont fait ma course, qui ont inscrit dans ma mémoire leur foulée particulière ou leur tee-shirt ridicule, que je crois reconnaître et que sans doute j’invente par goût pour les petites histoires et leurs inconséquences.
Ces perdants magnifique m’émeuvent. Puisque le style c’est l’homme, dis moi comment tu perds et je te dirai qui tu es ami coureur. Le perfectionniste « J’aurais pu faire mieux » côtoie le fataliste « Tout ça pour ça » ; le pessimiste « Plus jamais ça » claudique, l’orgueilleux « Je l’ai fait » rayonne, le comptable « Un de plus dans la besace » additionne ses kilomètres tandis que l’obsessionnel « Mon prochain objectif » peaufine déjà sa récupération en vue de la prochaine course.
Voilà ce que j’aurais raconté sûrement… si je l’avais vécu…
IV/ La revanche des Sith
Voilà ce que j’aurais raconté si je l’avais vécu donc… si j’étais allé jusqu’au bout du chemin… si je n’avais pas abandonné au kilomètre 31 ! J’espérais un miracle, j’ai eu une débâcle, d’ampleur et prévisible.
Tout avait commencé comme dans mauvais film d’épouvante : le soleil, la douceur, l’insouciance rigolarde sur les pavés au départ qui annoncent par contraste le bain de sang à venir. Dans l’aire de départ, sas « objectif trois heures », il fait bon en effet et l’atmosphère est légère. Le temps s’annonce magnifique, onze degrés pour le moment, dix-huit vers midi, sans un brin de vent promis autre que celui de notre allure future. Je retrouve Robert, un compagnon d’efforts insensés de ces dernières années, rattrapé par le col il y a quelques semaines pour partager ensemble cette épopée parisienne. Il m’a convaincu de tenter les trois heures aujourd’hui malgré tout, alors qu’objectivement… Mais  il est comme ça le Robert, dur au mal pour lui et pour les autres, furieux comme un ours dès qu’il enfile du lycra! Difficile de lui résister ! Les Champs-Elysées sont noirs de plus de 50 000 coureurs qui s’étirent de l’Etoile jusqu’à Franklin Roosevelt où nous sommes. Impressionnant ! Enthousiasmant ! 8h47, deux minutes après les pros nous voilà en branle. Je repère le meneur d’allure. Avec ses petites lunettes de prof de fac, son crâne dégarni, ses cinquante cinq kilos tout mouillés et ses jambes de moineau je ne lui donnerais pas les trois heures sans confession. Mais je sais que la seule allure qui compte est celle du tempo qu’il imprimera et non celle de ses bésicles ridicules alors j’en fait mon totem pour les trois heures à venir !
Quel plaisir que dévaler les Champs toutes voiles dehors, a presque quinze à l’heure, face au soleil levant, un dossard sur le torse, un pote à ses côtés ! Au kilomètre quatre, juste avant la Bastille, je vole encore quand je distingue Père et Léna sur le côté. Ils ont juste le temps de m’apercevoir et de s’égosiller que j’ai déjà filé ! A peine un peu plus loin se réveille mon genou. Ce n’est qu’une gêne bénigne mais c’est tôt, bien trop tôt. Et puis flûte et puis zut, l’heure n’est plus aux états d’âme alors j’enquille, facile, prenant tout le plaisir que je peux, thésaurisant les belles foulées comme dans un compte d’épargne. Il faudra s’en rappeler de celles là, souples, soyeuses, gainées, des foulées de printemps. Quand l’hiver sera venu d’ici dix, vingt kilomètres j’invoquerai leur grâce et me prosternerai pour les faire revenir. En attendant j’ai perdu Robert ! Je l’ai vu d’abord décrocher de quelques mètres et j’ai cru à un problème dans le traffic mais maintenant que je me contorsionne du côté du château de Vincennes plus de trace de mon ours dans le rétroviseur ! Ben c’est ballot ça. Me voilà seul au monde dans cette multitude ! Tristoune je suis et inquiet pour mon ours en sus ! Au kilomètre treize le moral revient car la gêne est partie ! Celle de mon genou bien sûr qui siffle tout à coup une mélodie harmonieuse. Je crois d’abord à une bonne blague, un poisson d’avril encore à l’heure d’hiver. J’écoute avec attention, attentif à la fausse note qui c’est sûr va revenir. Mais non! Les kilomètres passent et ma petite musique articulaire s’égrène cristalline ! Ma côte remonte en flèche, les bookmakeurs corréziens s’affolent sur leur live track! Kilomètre seize. Pour la première fois je dois faire un effort pour tenir les 4mn15 au kilomètre qui m’amèneront vers les trois heures. C’est tôt. Trop tôt. Pas une raison pour laisser filer mon petit meneur à lunettes qui se faufile dans le trafic avec une aisance d’habitué. Retour dans Paris et me voilà à mi course déjà. Je passe en 1h29. C’est parfait… sauf que… je jette un œil à mes pulsations pour la première fois et je lis 160! Au moins dix de trop à ce stade de l’épreuve ! La nouvelle jette sur l’objectif une sorte de voile pudique. Je décide de ralentir un peu, quelques secondes au kilo, histoire d’y voir plus clair. Je salue mentalement mon meneur à lunettes qui s’éloigne peu à peu. Kilomètre vingt-cinq, Léna et les parents comme prévu de nouveau. Sur les voies sur berge, du côté de L’hôtel de ville, il y a déjà moins de monde et Léna se met à courir à mes côtés ! Elle galope la gazelle en criant ses encouragements, me prenant en photo en pleine action d’une main, moulinant de grands gestes de l’autre. Je suis toujours à 14 à l’heure pourtant ! Je lui glisse que mon genou a passé l’obstacle et que je serai à l’arrivée même si le « sub 3 » est mort. Ma fillette ne veut rien savoir de cet abandon de poste et me hurle d’accélérer ! Ben tien !
Me voilà dans la seule partie délicate du parcours maintenant, les quelques tunnels de la voie sur berge en direction de la Tour Eiffel et les montées descentes finalement assez raides qui vont avec. Je rame. Je ralentis. Je paye comme il se doit mes dernières semaines d’entraînement chaotique. Ma cuisse droite se durcit. Je réalise que pour ménager mon genou gauche j’ai furieusement compensé et couru de guingois depuis près de deux heures. Un classique des classiques de la collection Blessures et Cie. Mais surtout, par les cornes du diable, ce foutu genou recommence ses fausses notes. Et cette fois pas question d’une gêne mais d’une douleur en barre ! Et qui s’amplifie à chaque foulée ou presque la bougresse ! C’est revenu tellement vite… je n’en reviens pas. Je ralentis encore en serrant les dents. Ça peut s’inverser de nouveau qui sait, oui ça peut. Ça vaut le coup de s’accrocher encore. J’allume mentalement un cierge que j’offre à Saint Zatopek accompagné d’une petite prière de sueur. Ma foi quoique subite est sincère mais le grand tchèque ne se laisse pas berner et ignore ma requête d’impie opportuniste. Je passe dans la détresse le mur du trentième et son joli décor de carton pâte. Je suis à douze à l’heure seulement, chaque foulée est une souffrance, le métro est à deux pas, une ligne directe en plus : l’équation de l’abandon est posée devant moi en lettres majuscules. A ce rythme il me reste plus de temps de course qu’il y a un quart d’heure, quand j’avançais encore à plus de quatorze à l’heure ! C’est le terrible jeu de dupes des défaillances. Le temps s’y étire à l’envers, et voilà qu’on recule alors même qu’on avance ! Insupportable.
Kilomètre 31, Maison de la radio. Après deux heures et quinze minutes de bagarre, je jette l’éponge. A moins que ce ne soit moi que l’on jette, expulsé de ce continuum de coureurs, expulsé comme un parasite de cet organisme vivant, la course, qui ne peut tolérer les faibles, les claudicants, les éclopés, elle qui se nourrit du mouvement et n’existe que par lui. Me voilà sur le bord de la route, abasourdi de voir tout à coup le spectacle de l’extérieur. J’étais là, c’était moi, le monde m’appartenait. Et pschitt ! Étrange. Je patiente un quart d’heure au soleil histoire de voir si mon Robert ne pointe pas sa foulée aérienne ou au moins ce qu’il en reste. J’ignore qu’il a abandonné à mi course vaincu lui par son tendon/talon d’Achille! On fait une belle paire de guerriers sur le retour tous les deux !
Tandis qu’un peu plus tard le métro me ramène je pense à Léna qui doit m’attendre à l’arrivée, prête à bondir pour finir avec moi, surexcitée, puis inquiète, puis déçue, peut-être plus que moi ! Ça me serre le cœur même si c’est sans doute bien qu’elle touche ainsi du doigt que son papouille n’est pas indestructible; enfin pas complètement !
Mais voilà j’ai joué j’ai perdu. J’en souri tristement.
V/ Un nouvel espoir
Le soir même, dans le train paresseux qui me ramène vers Brive, j’écris. Je rêve qu’en quelques pages je puisse tourner la page. C’est vrai. En partie. La défaite est amère et prétendre le contraire serait insulter ce que j’ai mis de moi dans cette entreprise, le maximum ou presque. Dur oui, mais pas désespérant. Car la beauté du sport est aussi celle de l’échec. Si tout cela était facile, si on gagnait à tous les coups, qu’est-ce qui nous resterait ?
J’ai appris deux trois choses aussi sur moi-même, à la dure en l’espèce mais c’est comme ça et c’est sans doute tant mieux. On a jamais fini de se construire. L’abandon a sa place dans mon fil conducteur ; à moi de la trouver. Peut-être me fallait-il un peu de yin pour mon yang ? Un coup de frustration dans une vie trop facile pour entrouvrir la porte à de futurs bonheurs ? Ou peut-être autre chose ? L’avenir me le dira.
En tout état de cause, la route est encore longue : pas question pour l’instant de ralentir l’allure !
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3 commentaires sur “Marathon de Paris 2016 : Objectif Lune

  1. Ah l’ami de Gatosport (à ne pas confondre avec l’ami Ricoré même si tous les deux se lèvent tôt). Je revis ma course en accéléré grâce à toi. Perdre ou gagner sont des notions floues et que seule une nuance d’interprétation marque la frontière. J’aime l’idée de la course qui est un chemin de vie, de construction, de choix, qui est fondamentalement beaucoup plus dans la réalité quoi qu’en disent des mauvais penseurs, coucheurs, coureurs. Bref : continue, cours, nage, pédale, pour toi, pour Léna, pour ton bonheur, pour tes petits malheurs, pour avancer. La bise. PS1 ; qu’as tu donc contre les petits gringalets chauves à lunettes rondes ? PS 2 : sur le plan technique, j’avais l’œil robé sur mon chrono (et mes pulses) et je savais que j’allais trop vite. Mais j’étais bien. On se surprend à se croire toujours plus fort que irrémédiable des paramètres de course. PS 3 : pourquoi pas mon « race report » un jour ..J’y pense

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  2. Bon, c’est la poisse, le mal français, la revanche du psycho-somatisme !!!!Navré pour toi, cher 6213 et bravo pour le récit qui fait mal (mais moins qu’à toi)Du coup, ça m’excite un peu. Et si je m’inscrivais pour 2017 ? J’ ai participé deux fois, en 1997 et 2005, sans le moindre entrainement (tu connais mes principes inflexibles sur ce point) pour deux abandons au kilomètre 35, perclus de crampes. Comment et combien de temps à l’avance s’inscrire, ô, vénérable spécialiste ?

    Amitiés, Marc B. (France)

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