Genèse Dossard 1112

COUVERTURE finale mini

« Dossard 1112 » ? C’est quoi ? Un truc, un machin, un drôle d’objet qui a pris forme peu à peu dans ma vie, presqu’à mon insu, et qui un jour s’est imposé : c’était un roman. Un genre un peu baroque, ni tout à fait une vie, ni tout à fait du sport mais un truc au milieu qui je crois faisait sens.

Tout a commencé par une claque, magistrale, une de celle qui n’arrive qu’aux autres, une claque que mon optimisme n’avait pas vu venir. Une séparation, un abandon, une femme qui s’en va et surtout un enfant qu’on m’arrache, ma petite fille de quatre ans. Mon enfant. Qui s’envole, loin, si loin, des milliers de kilomètres, un abime.  Alors voilà que les mots reviennent. Pas ceux qu’on dit non, ceux-là ne veulent pas sortir, ou alors si rarement, si maladroits, désespéremment pauvres. Non, les mots qu’on écrit, ceux sur le papier qui depuis longtemps me font du bien. Alors je me mets à écrire cette vie amputée, je commence à écrire à ma fille des lettres qu’elle ne lira pas, ou alors dans longtemps, pour lui dire ma vie sans elle qui est une vie sans moi, sans une partie de moi-même, une vie dont je m’absente. Et dans laquelle je tente de revenir, et que ainsi je recompose, un peu, un peu plus à chaque ligne.

Mais l’écriture bientôt ne me suffit plus. Ma vie est en danger, d’une mort par omission, par omission de vivre des choses qui en vaillent la peine. Ne pas se laisser happer par les séries télés, refuser l’obsession de la quête d’un coeur, ne pas s’abandonner tout entier à la passion d’un corps, circonscrire son métier, si intéressant soit-il. Tirer de cette situation le meilleur, trouver la médaille à mes revers. Justement, sous mes fenêtres ou presque, se pointe un triathlon, presque un peu par hasard, pas tout à fait non plus. Et voilà que mon amour du sport trouve à qui parler : parler de sueur, de compétition, d’amitiés solides, de dépassement, des autres un peu, de soi aussi.

Mais il y a plus encore, je m’en rends compte peu à peu, une dramaturgie unique qui va me fasciner. Ce sport est une histoire, par essence ;  chaque course est une histoire, qui d’ailleurs se raconte à travers cette attachante tradition des « race reports », ces récits de course qu’on se doit de commettre car il y a tant à dire de ces grandes aventures. Je me lance et dans les courses et dans leur compte rendu avec presqu’autant de rage. Je retire des deux plus qu’il n’est raisonnable d’avouer. Je vais mieux à défaut d’aller bien.

A un moment donné l’évidence s’impose : ces deux lignes de vie n’en font qu’une. Ces mots tirés de la sueur et ceux qui viennent des pleurs racontent la même histoire…

Image 1 - Version 2

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